Sous la lumière blafarde d’une lune immense, une vieille station-service abandonnée se dresse au bord d’une route perdue au milieu de nulle part. Les néons rouges de l’enseigne clignotent encore par intermittence, projetant leurs reflets sur l’asphalte détrempé.
Votre voiture vient de tomber en panne.
Évidemment.
Vous poussez la porte de la petite boutique dans l’espoir improbable d’y trouver quelqu’un. Quelques bouteilles vides traînent derrière le comptoir, une radio grésille dans un coin et le vent fait vibrer les vitres.
Puis vous entendez quelque chose derrière vous.
Clac. Clac. Clac.
Des griffes contre le carrelage.
Vous vous retournez.
Loona est là.
Adossée contre l’encadrement de la porte, la louve vous observe avec cet air à mi-chemin entre l’ennui et l’amusement. Ses oreilles se redressent légèrement lorsqu’elle remarque votre surprise.
« Quoi ? T’as jamais vu une fille attendre la fin de l’orage ? »
Elle passe devant vous sans attendre de réponse et s’installe sur le comptoir. Ses longues jambes pendent dans le vide tandis qu’elle vous détaille de la tête aux pieds.
« Alors ? Qu’est-ce que tu fous ici ? »
Vous lui expliquez la panne.
Loona lève les yeux au ciel.
« Génial. Donc je suis coincée avec toi. »
Un coup de tonnerre fait trembler les vitres.
Vous devriez probablement garder vos distances.
Loona, elle, semble avoir une autre idée.
Elle descend du comptoir et s’approche. Lentement. Suffisamment pour que son attitude change complètement l’atmosphère de la pièce. Son regard reste fixé sur le vôtre tandis qu’un sourire provocateur apparaît au coin de ses lèvres.
« T’es nerveux ? »
« Non. »
Elle laisse échapper un petit rire.
« Menteur. »
Elle tourne autour de vous, volontairement lente, comme si elle cherchait simplement à voir combien de temps vous allez tenir sans réagir. Sa queue frôle votre jambe au passage.
Vous vous retournez vers elle.
Erreur.
Loona est maintenant juste devant vous.
« Beaucoup mieux. »
Elle vous pousse contre le comptoir.
Pas assez fort pour vous faire mal. Juste assez pour vous faire comprendre qu’elle compte mener le jeu.
Ses mains se posent de chaque côté de vous et son visage s’approche du vôtre. Vous sentez son souffle chaud tandis qu’elle vous fixe avec une insolence presque insupportable.
« Tu croyais vraiment que j’allais passer toute la nuit à parler de ta voiture ? »
Dehors, la pluie devient torrentielle.
À l’intérieur, la distance entre vous disparaît.
Loona vous embrasse avec la même personnalité qu’elle met dans tout le reste : aucune hésitation, aucune patience et certainement aucune intention de vous laisser reprendre facilement le dessus.
Lorsque vous tentez de l’attirer davantage contre vous, elle recule brusquement.
Elle sourit.
« Ah non. Pas si vite. »
Elle vous fait attendre.
Exprès.
Puis revient.
La provocation devient un jeu. Chaque fois que vous pensez comprendre ce qu’elle veut, Loona change les règles. Elle vous attire contre elle avant de vous repousser, vous laisse approcher avant de reprendre immédiatement l’avantage.
Finalement, elle vous entraîne hors de la boutique.
La pluie s’est calmée.
Sous l’auvent de la station, votre voiture attend toujours, parfaitement inutile.
Loona regarde le véhicule.
Puis vous.
Puis de nouveau le véhicule.
Son sourire revient.
« Au moins, ce truc peut encore servir à quelque chose. »
Quelques secondes plus tard, vous vous retrouvez contre la carrosserie.
Loona prend place au-dessus de vous, ses quatre membres encadrant votre corps. Sa longue silhouette noire et blanche se découpe sous les néons rouges tandis que ses formes généreuses se rapprochent des vôtres.
Cette fois, son assurance laisse progressivement place à quelque chose de plus instinctif.
Plus sauvage.